Un permis pour l’emploi
Publié le 22.09.2011
Pouvoir passer son permis de conduire et intégrer une formation en alternance, c'est ce que propose le dispositif «ça roule» aux jeunes de Seine-Saint-Denis.

© Americo Mariano
Pour postuler à certains emplois, le permis de conduire est indispensable. Encore faut-il avoir les moyens de payer son inscription à l’auto-école. Ce double constat a poussé les Missions locales (1) de Seine-Saint-Denis à lancer le dispositif d’apprentissage ça roule. Financé par le conseil régional (2), il permet à des jeunes du département de passer le permis en accéléré et de suivre une formation en alternance. «Nous leur proposons un parcours complet, détaille Béatrice Dominique, conseillère à la Mission locale de Bobigny et coordinatrice de projets. L’obtention de ce précieux sésame leur donne accès à une formation, première étape pour décrocher un diplôme et trouver un travail.»
«Le cursus dure un an, c’est intensif, les jeunes doivent être tous très motivés», complète Carole Soucaille, responsable de l’antenne de la Mission locale du Blanc-Mesnil. La première session du dispositif dédiée aux métiers de l’aéroportuaire a débuté le 21 mars dernier. Les dossiers de candidature ont été scrupuleusement examinés par une commission puis les élèves ont passé trois entretiens : deux auprès de l’organisme de formation en alternance, Camas de Tremblay-en-France, et un auprès de leur future entreprise à l’aéroport Charles de Gaulle. Parmi les vingt bénéficiaires, deux sont Blanc-Mesniloises. Elles ne regrettent pas de s’être inscrites.
«Entre la formation et les cours de conduite, ça me fait de grosses journées mais je suis vraiment contente d’apprendre un nouveau métier, assure Fatoumata Sylla, 21 ans, habitante des Tilleuls. Je viens de finir mon stage au sein de la société Brink’s en tant qu’agent de sécurité aéroportuaire. Je travaillais de 5h à 13h ou de 12h à 20h. J’ai besoin du permis de conduire pour arriver tôt le matin», explique celle qui vient tout juste d’obtenir son code. Pour Iptissam ïdar, 18 ans, qui réside dans le nord du Blanc-Mesnil, travailler à Roissy est une véritable vocation. «Lorsque j’étais petite et que je partais en voyage, je regardais le personnel de l’aéroport avec admiration, se souvient-elle. En tant qu’agent de sécurité lors de mon stage, j’étais chargée de l’accueil et de vérifier les cartes d’embarquement. Plus je vais avancer dans ma formation, plus on me donnera de responsabilités.»
Iptissam a déjà décroché le code et effectué dix-sept heures de conduite. Le stage de sécurité routière (crash test, simulateur, projet pédagogique…) organisé en Belgique avec le groupe au début du cursus l’a particulièrement marquée. Elle apprécie aussi le soutien permanent de sa conseillère à la Mission locale. «Elle m’a aidée à savoir ce que je voulais vraiment à un moment où j’étais un peu perdue», confie-t-elle. Fatoumata, elle aussi, ne retient que du positif de cette expérience. «J’ai vraiment de la chance de bénéficier de cette formation entièrement gratuite. J’espère donner envie à d’autres jeunes d’y participer car dès mars 2012, je serai diplômée et j’aurai un emploi», confie la jeune fille dont le rêve est devenir un jour… hôtesse de l’air.
(1) Les Missions locales sont chargées d'accueillir, d'informer, d'orienter et d'aider les jeunes de 16 à 25 ans en démarche d'insertion professionnelle et sociale.
(2) Le coût est d’environ 1 700 euros par jeune.
Jonathan Rapaport
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