Buldo John : le flow positif des Tilleuls
Publié le 06.11.2011
Il déborde d'activités et rappe pour donner de la bonne humeur aux autres. Il commence à percer dans la musique.

© Americo Mariano
Du haut de ses 22 ans, Buldo John, jeune homme gaillard aux origines congolaises, joue tour à tour de ses multiples casquettes. Il occupe ses journées à rendre la vie plus belle. La sienne et celles de ses camarades des Tilleuls. Il a 2 ans lorsque sa famille s'installe dans cette cité avec ses huit enfants, dans un appartement situé en face du gymnase. C'est ici qu'il a grandi et qu'il s'est construit. Là aussi qu'il a pris la décision «d'aller chercher la vie» comme il aime le répéter. Il y a forgé ses premiers combats et ses premiers rêves de musique. Après un bac électrotechnique qui ne lui correspond pas, Buldo s'inscrit en fac de droit à Saint-Denis avec dans le coin de sa tête, l'idée de faire de la politique.
Pour lui, s'engager pour les jeunes des cités est une continuité dans son propre chemin. Il en est convaincu. «On peut faire encore mieux pour la jeunesse au Blanc-Mesnil !» Depuis deux ans, il mène des actions avec le Cilda, le collectif d'information et de lutte contre les discriminations. Il entraîne également les féminines du BMS foot depuis un an et demi, après avoir eu en charge l'équipe des moins de 13 ans. Pour son quartier, il a aussi en projet de rouvrir le studio de musique de la maison des Tilleuls, car la musique est essentielle pour lui. «Cela occupe la grande majorité de mon temps. On ne me voit plus aux Tilleuls. Je passe en coup de vent», raconte-t-il avec une pointe de regret dans la voix.
Les opportunités de carrière musicale commencent à poindre. Alors il veut s'y consacrer au maximum. «Je rappe depuis 2007. Je m'y suis mis sérieusement au lycée. J'ai monté le collectif Polivals avec mes deux amis d'enfance Anderson et Black Stars. Eux, ce sont les beatmakers qui font les instrus, et moi j'écris les textes et je les rappe.»
Chez lui, la musique est une affaire de famille. «Ma grande sœur, Faty Daniel, fait du gospel. Elle marche bien en Afrique. Elle a une voix magnifique alors dès que je peux, je l'invite à chanter avec moi.» Son frère, lui, est un ancien rappeur. Il a conservé de nombreux contacts professionnels qu'il partage aujourd'hui avec Buldo. C'est ainsi que le jeune rappeur a commencé à se faire une petite notoriété, suscitant quelques articles et passages télé. Un début de célébrité qui pourrait grandir avec le temps, car le jeune homme déborde de projets professionnels.
«Je viens de signer un contrat indépendant chez Banlieue Business, avec une licence de distribution. On a également rencontré un directeur artistique d'Universal, qui nous a proposé de monter sur scène le 25 novembre dans une grande salle parisienne», raconte-t-il fièrement.
Buldo et ses deux compères préparent donc leur album qui sortira à la mi-2012, sur lequel il n'y aura que des nouvelles compositions. «Plus on avance, plus on progresse. Ce que nous avons fait avant, nous avons choisi de le mettre de côté.» De toute façon, rien n'est perdu, car il a des projets de mixtapes réunissant ses anciens titres et il réfléchit déjà à ses deuxième et troisième albums. Le premier s'appellera New World. «Nous avons décidé de mélanger des mélodies du monde entier au gospel et au rap. Je compte parler de la cité, de mon parcours et de mes origines. Pour moi, l'essentiel, c'est surtout de rapper la joie. Il faut donner de la bonne humeur aux gens. Ça sert à quoi de rapper l'amertume ? A provoquer l'envie de se bagarrer et de casser des voitures ?» Dans quelques semaines, il livrera le premier clip issu de son album et tourné aux Tilleuls, Âme de vainqueur.
Marie-Carolyn Domain
